Dakar 2009 – Entrevue pilotes 23 déc.
Frans Verhoeven (Nld – 15 – KTM)
« Finir dans le top 10, et meilleur Hollandais »
Il y a quatre ans, Frans Verhoeven débarquait sur le Dakar et étonnait le monde du rallye en accrochant la 16e place. Aujourd’hui, le Hollandais est le manager du team Vectra Racing qui, avec David Casteu et Francisco Lopez dans ses rangs, peut légitimement viser les sommets.
Comment se passe la préparation dans les derniers jours avant le départ ?
J’ai encore pas mal de travail à faire en tant que manager du Team Vectra. Je dois m’occuper de la logistique, de la coordination, et tout ça prend beaucoup de temps ! A part ça, j’ai un peu abandonné la préparation physique. Je me consacre surtout au pilotage. Je passe 4 heures par jour à rouler sur ma moto d’enduro en Belgique et aux Pays-Bas. Nous allons arriver à Buenos Aires 5 jours avant le départ pour pouvoir nous adapter aux conditions météo.
Quels sont vos objectifs en Amérique du sud ?
Sur le plan personnel, j’aimerais finir dans le top 10, et surtout, meilleur Hollandais, c’est vraiment important. Je serai certainement à la lutte avec Henk Knuiman [11e du dernier Dakar]. Après, en ce qui concerne l’équipe, j’aimerais qu’on puisse se battre avec les KTM. Marc Coma reste le favori de la course, mais nous avons une bonne équipe, du bon matériel, je sais que nous avons les moyens de bien faire. David Casteu peut gagner, tout le monde le sait. Et Francisco Lopez sera chez lui, il connaît le terrain par cÅ“ur.
Avez-vous défini une stratégie ?
Oui, nous avons décidé que chacun roulait pour soi jusqu’au jour de repos. A ce moment-là, nous déciderons, en fonction des positions des uns et des autres, s’il y a moyen de jouer la victoire. Peut-être que toute l’équipe se mettra au service du pilote le mieux placé.
Quels souvenirs particulièrement marquants gardez-vous de votre expérience sur le Dakar ?
L’un des plus mauvais : ma chute en 2007, la veille de l’arrivée. Je me suis cassé les deux épaules et j’ai dû abandonner alors que j’étais 5e. Un de mes meilleurs souvenirs, la même année : j’avais vraiment le sentiment d’avoir fait mon boulot de porteur d’eau pour de Cyril Despres. Et sur le podium, il m’a glissé : « Tu sais, je n’ai pas gagné ce Dakar tout seul. »
André De Azevedo (Bra – 504 – TATRA)
« Les médias brésiliens me mettent beaucoup de pression »
André de Azevedo se lance cette année sur son 21ème Dakar. A moto comme en camion, le pilote brésilien a toujours fait preuve d’une régularité dans l’excellence qui le place naturellement parmi les favoris de cette édition sud-américaine.
Comment vous sentez-vous à neuf jours du grand départ ?
Pas très calme ! Les médias brésiliens me mettent beaucoup de pression avant ce premier Dakar en Amérique du Sud. Ils pensent tous que ça va être plus facile pour moi cette année, simplement parce que je suis originaire du continent ! Mais moi, je ne connais pas très bien l’Argentine et le Chili… J’essaie de maîtriser cette folie médiatique, beaucoup plus intense autour de moi que lorsque la course prend place en Afrique. Ce n’est très facile à gérer, mais je m’en sors : j’ai déjà 20 Dakar à mon actif, je connais. Mon copilote, lui, n’en est qu’à sa troisième édition, alors tout cela est un peu nouveau pour lui !
Quels derniers réglages techniques avez-vous apporté à voter camion Tatra T-815 ?
Aucun changement de dernière minute, car je récupère mon véhicule le 30 décembre. Le camion comme mon assistance viennent de République Tchèque, ils ont fait le trajet en bateau depuis le Havre. Lors de mon passage à l’usine Tatra en octobre, j’ai pu voir les derniers ajustements faits au camion : il sera plus court de 10 centimètres, avec de nouvelles suspensions avant et de nouvelles plaques de freins. J’ai une très grande confiance dans ce camion, c’est la dixième fois que je roule avec le même modèle.
Quels exercices vous imposez vous pour être au top physiquement juste avant le départ ?
Ce sont surtout les fruits d’une année de préparation qui paient aujourd’hui. A quelques jours de la course, je fais du jogging, je fais attention à ce que je mange, et je fais un peu de moto. La région où j’habite, entre Rio et Sao Paulo, c’est le paradis pour un amoureux d’enduro comme moi.
Yvan Muller (Fra – 325 – SMG)
« Je ne peux pas me mentir »
Avec Lewis Hamilton en F1 et Sebastien Loeb en WRC, Yvan Muller est le troisième champion du monde couronné cette année par la FIA, sur les circuits du WTCC. L’Alsacien, qui découvre le Dakar en solo après une première expérience avec René Metge, mesure ses ambitions.
Pourquoi ce manque d’ambitions ?
En termes de résultat, je ne peux pas me mentir. Je viens sur ce Dakar avec un petit programme. J’ai un seul mécanicien. Par définition, sur un buggy monoplace, il faut aussi assurer la navigation, ce que je n’ai jamais fait. De manière réaliste je dirais donc que je suis dans la situation d’un joggeur amateur qui décide de se présenter sur le marathon de New York. Ma seule ambition n’est pas une ambition, c’est d’arriver.
Avez-vous eu le temps quand même de vous préparer, d’étudier le parcours ?
J’aurais aimé avoir le mois de décembre pour me plonger dans le Dakar. Mais, à la suite de mon titre mondial, j’ai dû répondre à de nombreuses sollicitations de mon sponsor. J’ai notamment passé deux jours à Barcelone, le week-end des 20 et 21 décembre, chez Seat. Quand je suis chez moi, j’essaye de bien préparer mon paquetage et les papiers. Je veille à ne pas me louper sur des aspects comme les vaccins, ou ma licence 2009. Quant au parcours, je n’ai pas le temps de l’étudier. Je l’ai imprimé et je m’y consacrerai dans l’avion.
Physiquement et au niveau de la conduite quels sont les derniers points de votre préparation ?
Aucun. Je prends l’avion le 28. J’aurai le 29 pour vérifier le buggy. Physiquement, je n’ai pas le temps de travailler. De toute façon les médecins m’ont décelé une fracture de fatigue au pied gauche. Ça va se résoudre, mais cela m’empêche de courir un peu, par exemple. En fait je vais me présenter avec mes acquis physiques comme seule préparation. Et je n’aurai que le week-end de Noël pour me reposer un peu avant le Dakar.
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