Dakar 2009 – Entrevue Pilotes 29 déc.
Pal Anders Ullevalseter (NOR – 4 – KTM)
Pal Anders Ullevalseter : « Le rêve, c’est le podium »
Depuis sa première participation, le Norvégien est abonné aux places d’honneur, qu’il décroche avec une régularité impressionnante : 9e pour sa découverte du Dakar, puis 7e, 5e, 6e, et enfin 4e en 2007. Alors le podium, c’est pour cette année ?
Quel a été votre programme d’entraînement dans la dernière ligne droite ?
Je me suis entraîné sur ma moto d’enduro, mais je n’ai que très peu roulé, de peur de me blesser bêtement. J’ai préféré me concentrer sur la préparation physique. Depuis trois semaines, il neige beaucoup en Norvège. Du coup, je fais beaucoup de ski de fond, c’est un excellent exercice. Physiquement, je suis prêt.
Et mentalement, comment aborde-t-on une course comme le Dakar ?
Comme avant chaque course, je suis un peu nerveux. C’est peut-être amplifié cette année parce qu’on part complètement à l’aventure. Mais en général, cette peur s’envole lorsque la course démarre. Le Dakar, c’est une sorte de tunnel de deux semaines où vous ne pensez à plus rien d’autre. En fait j’ai un peu l’impression de partir en guerre. Mais ce n’est pas une guerre contre les autres. C’est une guerre contre moi-même.
Vu votre régularité depuis votre première participation, et après avoir échoué au pied du podium l’an passé, vous devez être ambitieux cette année…
C’est vrai que j’ai toujours fini dans le top 10 et que ce serait décevant de ne pas y être encore cette année. Le rêve, c’est le podium, même si je pense que beaucoup de pilotes peuvent terminer devant moi. Je pense à Coma, Despres, Casteu, Lopez, etc. J’ai la même moto qu’il y a deux ans, mais elle est complètement neuve, et les suspensions sont bien meilleures. De plus, d’après ce que j’ai vu de la course, ça s’annonce long et éprouvant. Je pense qu’on ne va pas beaucoup dormir, et pas beaucoup s’amuser. Mais avec mon expérience, des conditions difficiles peuvent être un avantage.
Firdaus Kabirov (RUS – 506 – KAM)
« Eviter les pertes de temps »
Vainqueur du Dakar en 2005, Firdaus Kabirov est cette année à nouveau un candidat très sérieux au podium. Avec ses 14 Dakar au compteur, le Russe ne s’emballe pas pour autant. Il sait qu’il aura fort à faire, à commencer au sein de sa propre équipe, celle des impressionnants Kamaz emmenés par Vladimir Chagin.
Firdaus, quel est votre objectif sur le Dakar 2009 ?
De figurer parmi les vainqueurs de rallye. Mais je sais que la concurrence va être rude, notamment des équipes MAN, DAF et TATRA.
Avez-vous défini une stratégie spéciale sur ce nouveau Dakar ?
Non, pas vraiment. La clef est de tenter de faire le minimum de fautes en conduite et en navigation, ainsi que de garder le maximum d’attention et de concentration afin d’éviter les pertes de temps pour la réparation du camion.
Avez-vous opéré des changements significatifs sur votre camion ?
La principale modification a été de diminuer les gaz d’échappement pour être en conformité avec les exigences du règlement du rallye. Cela nous a demandé un gros travail. Du coup, nous avons perdu en puissance au niveau du moteur, ce qui va rendre la lutte plus difficile lors du rallye.
Comment vous-êtes vous préparé physiquement cette année ?
Le travail de la forme physique est la norme quotidienne de chaque sportif. Le principal est de tâcher d’éviter la diminution des forces physiques à cause du travail sur le camion. Cette année tout s’est bien passé puisque avec l’embarquement des véhicules dès la fin novembre, nous avons eu la possibilité de nous délasser un mois avant le rallye.
Avec 14 participations sur le Dakar, quel souvenir sur le rallye demeure le meilleur pour vous ?
Je crois que ça reste l’arrivée grandiose au Caire en 2000. Les pyramides, la remise des prix (il finit 3e de l’épreuve) à côté du Sphinx… Ce final correspondait parfaitement à la grandeur du Dakar.
Giniel De Villiers (ZAF – 305 – VOLKSWAGEN)
« Je viens pour gagner, sinon je perds mon temps »
Giniel De Villiers est là, et il ne se cache pas. En tête du Dakar durant une partie de la course il y a deux ans, avant de finir 11e en raison d’un problème mécanique, le Sud-Africain revient sur le rallye avec la victoire pour unique ambition, et sa ténacité pour principal atout.
Physiquement, mentalement, où en êtes-vous à quelques jours du départ ?
Je suis un peu fatigué donc je prends quelques jours de vacances avant la course. Ces derniers temps, j’ai effectué un entraînement physique quotidien, mais léger, à base de VTT, de course à pied, et de gymnastique. Depuis quelques semaines, je n’ai quasiment pas piloté. C’est important d’arriver frais sur le Dakar, et de ne pas se « surentraîner ». J’essaie aussi de ne pas trop penser à la course avant. Par contre, une fois sur place, je peux vous assurer que je ne pense qu’à ça.
Après la déception d’il y a deux ans, avec quelles ambitions revenez-vous sur le Dakar cette année ?
Je suis là pour la victoire. Quand je viens sur une course, c’est toujours pour gagner, sinon je perds mon temps. Il faudra batailler pour être devant Peterhansel, Sainz ou Alphand, mais je suis confiant. Nous avons fait un gros travail sur la voiture, et apporté beaucoup de petites améliorations, au niveau des suspensions et du moteur. La voiture est meilleure qu’il y a deux ans. Surtout, elle plus fiable. C’est la clé pour une course aussi longue.
Qu’avez-vous de plus que les autres et qui peut vous faire gagner ?
Ma combativité. Je n’abandonne pas facilement. Dans une course comme le Dakar, il ne faut pas baisser les bras, même quand les difficultés s’accumulent. On peut très bien passer une sale journée et gagner l’étape. Vous savez, ça va être une course très longue, qui va demander beaucoup d’endurance. La traversée de la Cordillère des Andes sera très dure pour les voitures et pour les pilotes. Il va falloir s’accrocher.
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