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Dakar 2009 – Entrevue Pilotes 30 déc.

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David Casteu (FRA – 3 – KTM)

« La différence, c’est que maintenant je sais gagner »

Collectionneur d’accessits, avec notamment une 3ème place sur le Dakar 2007, David Casteu a connu pour la première fois la victoire en rallye raid, sur le Rallye d’Europe Centrale. Ce résultat de tout premier plan pourrait agir comme un déclic.

Une fois de plus, vous avez effectué la meilleure saison de votre carrière. Vous sentez-vous capable d’aller chercher la victoire sur le Dakar ?
Il est clair que c’est une belle saison, puisque j’ai gagné pour la première fois une course de grande envergure, au Rallye d’Europe Centrale, puis au Rallye des Pharaons. J’ai aussi fait d’autres podiums, c’est donc très intéressant. Ce qui me satisfait le plus, c’est que je n’ai pas gagné des courses au rabais, il y avait à chaque fois une réelle opposition.

La structure avec laquelle vous vous engagez est également différente…
Oui, et au niveau professionnel aussi l’année a été concluante, puisque nous avons maintenant un team cohérent et compétitif. Tous mes partenaires me suivent, et même KTM, alors que je ne suis pas un pilote officiel de l’usine, m’a fourni la même moto que les autres pilotes de pointe. Pour ce qui est de l’assistance, nous avons appréhendé le rallye des Pharaons comme une grande répétition. Nous savons quels aspects nous pouvons améliorer, et ce sera fait pour le Dakar. Bien sûr, je suis aussi ravi de rouler avec Frans Verhoeven et Francisco Lopez, avec qui il ya une très bonne entente.

Vos deux principaux rivaux seront à nouveau Cyril Despres et Marc Coma. Qu’est-ce qui vous sépare d’eux dans l’optique de la victoire ?
Ils seront bien sûr les deux favoris, et selon moi, Marc est d’ailleurs le pilote le plus rapide du plateau. Mais je serai un outsider sérieux : je ferai le maximum, et je sais que je suis prêt. La grosse différence, c’est que maintenant je sais gagner. Lors du rallye des Pharaons, j’ai passé neuf jours en tête de course, à faire la navigation, j’ai donc beaucoup appris. Pour autant, je ne ferai pas tout en n’importe quoi pour gagner.

Comment sentez-vous le changement de continent ?
C’est une bonne opportunité pour ceux qui, comme moi, ne sont pas de très anciens du Dakar, du genre à connaître par cÅ“ur toutes les passes en Mauritanie, etc. Aujourd’hui nous partons d’une feuille blanche, il n’y aura aucun point de repère. Cela veut dire qu’il n’y aura aucune possibilité de gérer, qu’il faudra être dans le coup tout de suite et qu’il peut y avoir beaucoup de rebondissements. Par exemple, il se peut que les 450 cc soient plus menaçantes que d’habitude pour les leaders.

 

Gerard De Rooy (NLD – 505 – GINAF)

« Le vainqueur est celui qui a le moins de malchance »

Gerard De Rooy n’a que 28 ans, mais déjà un sacré palmarès. Sur ses cinq participations au Dakar, le Hollandais en a terminé trois : 6e en 2002, 3e en 2004, 5e 2005. Cette année, à bord de son Ginaf X22.23, il espère avoir enfin ce petit brin de réussite qui fait toute la différence.

A quoi avez-vous consacré les derniers jours avant le départ ?
J’ai été très occupé par mon entreprise de transports jusqu’à la fin du mois de décembre, donc je n’ai pas vraiment pu m’entraîner ces dernières semaines. Ce n’est pas très embêtant, car en camion, on n’a pas besoin de travailler sa condition physique comme le font les pilotes voiture ou moto. Donc maintenant, chacun reste en famille. De toute façon, nous avons déjà bien travaillé toute l’année, notamment sur le camion.

Justement, quels derniers ajustements avez-vous effectué sur votre Ginaf ?
Après la Transorientale, nous avons fait un bilan complet du camion, en vérifiant tout, jusqu’à la moindre vis. Il a été entièrement reconstruit, en renouvelant toutes les pièces abimées. Le camion est prêt, et il est vraiment compétitif. Depuis un mois, je me dis : « Si le Dakar débute demain, je suis prêt à y aller ». Ça va être une belle bagarre, notamment avec les Kamaz ou les Tatra. J’ai vraiment hâte d’y être.

Vous êtes passé plusieurs fois tout près de la victoire. Cette année va-t-elle enfin être la bonne ?
Comme toujours, nous allons essayer d’atteindre le plus haut niveau. Cette année, comme chaque année, c’est possible de gagner. Mais le vainqueur du Dakar est toujours celui qui a le petit brin de réussite en plus. Ou plutôt, c’est celui qui a le moins de malchance. Ces dernières années, j’ai souvent eu la malchance de mon côté. J’espère que cette fois, ça tombera sur les autres !

 

 

Luc Alphand (Fra – 303 – Mitsubishi)

Luc Alphand : « On pète le feu »

L’ancien numéro un mondial de ski alpin est l’un des grands protagonistes du Dakar depuis ses trois podiums successifs, agrémentés de la plus haute marche en 2006. Il débarque en Amérique du sud avec l’avantage de deux victoires sur le continent, en 2006 et 2007.

Comment un ancien vainqueur du Dakar gère les derniers jours d’avant course ?
J’ai passé huit jours chez moi à Serre-Chevalier avant de prendre l’avion pour l’Argentine. Il faisait un temps magnifique. J’en ai profité pour être dehors et faire de l’entretien. Physiquement, c’est terminé, nous sommes déjà au point lorsqu’on se trouve si près du départ. J’ai simplement fait un footing tous les deux jours, pendant une quarantaine de minutes sur les pistes de ski de fond. Et tous les matins du ski. Mais tranquillement, en faisant attention. Avec des conditions climatiques aussi exceptionnelles, c’était parfait.

Vous êtes partis à Buenos Aires le 27 décembre : pourquoi si tôt ?
Il s’agissait de gérer le décalage horaire et de s’habituer le plus vite possible à la différence entre l’hiver et l’été. La température est un des facteurs importants à prendre en compte.

En avez-vous profité pour rouler un peu ?
Nous avons travaillé sur les voitures jusqu’au 18 décembre à Pont-de-Vaux. Elles ont pris l’avion et ont débarqué le 23. Nous ne les retoucherons que pour le départ de la course. Ce n’est pas un souci. Nous avons bien travaillé dessus avant, et je connais bien une partie du Dakar puisque j’ai gagné deux fois le Rallye Por las Pampas. J’ai bien en mémoire les étapes que nous avons vécues vers Copiapo et La Serena.

Cela doit motiver d’avoir déjà gagné sur ce terrain ?
Pour beaucoup de raisons, on pète le feu. Personnellement je suis hyper motivé. Je connais un peu ici et j’aime cet aspect de notre discipline où il s’agit de s’adapter et d’anticiper.

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