Une course sans chute ni blessure
Que vous rouliez en motocross, en enduro ou en sentier, vous arrive-t-il de faire des erreurs, de perdre pied ou même de chuter à cause de la fatigue ressentie après plusieurs minutes de course ou plusieurs heures de randonnées? Que vous soyez un pro ou un amateur, en bonne forme physique ou non, sachez que la fatigue est inévitable et que l’on y est tous confrontés. Puisqu’elle nous rattrape tôt ou tard, aussi bien s’y adapter tout de suite en changeant notre façon de rouler.
Alors deux options sont possibles pour ne pas se laisser affecter par la fatigue. Soit s’entraîner davantage pour être plus en forme, soit changer et adapter notre façon de piloter nos motos.
Le premier réflexe que l’on a quand on commence à éprouver de la fatigue c’est de ralentir, de rouler moins vite. De cette façon, on se dit que l’on risque moins de tomber si l’on réduit notre vitesse. Ce qui semble tout à fait logique. Mais dans les faits, il en est tout autrement.
Personnellement, je préfère et suggère la deuxième option; quoi que la première soit tout aussi valable, mais demande beaucoup plus de rigueur et de discipline.
Tout d’abord, vous devez réaliser que de ralentir sa vitesse n’est pas la meilleure solution, bien au contraire. Réduire sa vitesse signifie aussi que vous allez réduire votre maintien de la moto et devenir en quelque sorte plus mou et un peu plus relaxe. Il est évident que cela permet de reprendre son souffle et de se détendre quelques instants, mais c’est justement dans ces moments-là que l’on se fait surprendre et que l’on se retrouve au sol.
Il n’y a rien de plus épuisant et demandant en énergie que de relever sa moto après une chute. Tout cela en plus de perde de précieuses secondes ou minutes, de replacer le guidon et les leviers. On dépense ainsi de l’énergie qui aurait été fort utile pour donner un dernier coup en fin de course pour obtenir une bonne position, voir même un podium. Et ça c’est si vous ne vous êtes pas blessé en tombant.
Alors quoi faire pour ne plus tomber et garder son momentum de course tout en étant fatigué?
Voici quelques trucs simples et faciles à appliquer qui vous aideront à rester sur votre moto du début à la fin.
Rouler à une vitesse plus haute
Si vous roulez la plupart du temps en 3e vitesse, roulez alors en 4e et peut-être même en 5e selon la cylindrée de votre moto. La raison est fort simple, en début de course vous roulez de façon plus agressive et vous avez suffisamment d’énergie pour soutenir et contrôler la puissance de votre moto. Mais en milieu et en fin de course c’est préférable d’être moins violent sur l’accélérateur sans pour autant réduire sa vitesse. Le but n’est pas de ralentir mais de sauver de l’énergie. Rouler à une vitesse plus haute vous permet d’aller tout aussi rapidement de façon plus soutenue et moins agressive. Mécaniquement parlant, rouler en 4e vitesse devrait être plus rapide que de rouler en 3e, n’est-ce pas?
Faites le test et vous serez surpris de voir à quel point il est moins exigeant physiquement de rouler à une vitesse plus élevée.
Roulez debout
Rouler debout surtout dans les virages, là où la plupart des chutes se produisent. Bien que la majorité des pilotes vont prendre les virages assis sur la moto, très souvent de façon instinctive, sachez qu’aucune lois ne vous empêche de prendre un virage debout sur votre moto ! Seules certaines lois de physique, dont celle de la gravité et de l’inertie peuvent jouer contre vous.
En baisse d’énergie, on souhaite surtout un meilleur maintient de sa moto pour parer à tout obstacle ou imprévu. Rouler debout, en ligne droite ou dans les virages permet justement d’être toujours en contrôle et d’avoir une plus grande souplesse et maniabilité.
Choisir d’autres lignes
Plus une ligne est utilisée tour après tour plus elle devient difficile et susceptible de vous faire chuter. Bien qu’il soit plus facile de suivre la parade et de passer exactement où tout le monde passe, vous vous exposez aussi à tomber là où tout le monde tombe.
Soyez créatifs, osez rouler dans d’autres lignes moins difficiles, parfois un peu plus longues mais beaucoup moins exigeantes physiquement. Le meilleur endroit est souvent en bordure de piste, le long des banderoles où le terrain est encore plat et exempt de bosse. Soyez observateur et faites vos propres lignes. Vous y gagnerez en stabilité et parfois même en vitesse, surtout si vous roulez déjà à une vitesse plus élevée.
Respirez
Sans entrer dans les détails techniques des avantages reliés à une bonne respiration pour les muscles et le cœur, plus on fait entrer d’oxygène dans notre corps, mieux ce dernier résistera à la fatigue.
Vous serez surpris de constater à quel point on a tendance à retenir notre souffle inutilement, surtout en début de course. Le stress et l’adrénaline nous rendent plus tendu et on oublie carrément de respirer suffisamment.
Lors d’un saut ou d’une ligne droite, prenez une profonde respiration et expirez tout aussi profondément. Cela semble banale mais croyez-moi cela peut faire toute la différence au niveau de votre concentration.
En terminant, n’oubliez pas que l’objectif est de demeurer solide sur sa moto et d’éviter d’aller au tapis, surtout en fin de course. Alors donnez-vous les outils nécessaires pour y arriver. Il s’agit parfois de petits changements pour arriver à des résultats convaincants.
Texte et photos de :
Donald Pronovost,
Directeur de l’École de motocross et d’enduro MXPRO
Prochaines formations à Ste-Sophie-de-Levrard :
19 septembre, technique de base
26 septembre, enduro et sentiers







































